Une rentrée littéraire sous le signe du Wu Ming

François Bertrand le 20 septembre 2009

Je l’avoue en toute franchise, la rentrée littéraire est un événement que j’ai longtemps fui comme la peste. D’abord parce qu’adepte des bibliothèques publiques, j’ai d’avantage suivi les acquisitions des rayonnages seventies des Chiroux-Croisiers financièrement plus accessibles et que dès lors, l’arrivée annuelle de papier blanc immaculé en librairie était le cadet de mes soucis. Ensuite, parce que mes premières tentatives de découverte de la production contemporaine se sont soldées par de sérieuses déceptions: Nos compatriotes Eric-Emmanuel Schmitt et sa rhétorique des bons sentiments ou encore Amélie Nothomb et son surréalisme marchandisé (avec la régularité de l’automate) y sont pour beaucoup, leur lecture début des années 2000 a eu chez moi un effet hautement répulsif ce qui m’a permis de retourner avec joie aux classiques de la littérature Française et Russe (avec une exploration plus récente des monstres sacrés anglophones). L’histoire devait s’arrêter là et pourtant, quelques années et un bon libraire liégois plus tard… le Wu Ming est en passe de relativiser mes appréhensions.

Comme son nom ne l’indique pas le Wu Ming n’est pas une nouvelle secte orientaliste ni un nouvel art martial (quoique), encore moins un délire new-age pour cadres sur le déclin en quête de sens. Le Wu Ming est il faut l’admettre quelque peu mystérieux, c’est une bête qui s’approche difficilement, qui mène son combat sous couvert de l’anonymat. En fait, il s’agit d’un collectif de jeunes écrivains Bolognais un brin déjantés, agitateurs de la toile, pourfendeurs du copyright et des entraves à la liberté de propagation des idées, fervents activistes anti-berlusconiens dont l’engagement est un geyser d’actes et d’idées : des scénarios de films, une revue, un site

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Dans la première partie de ce billet consacré aux enjeux du travail social, j’ai principalement mis l’accent sur le climat de malaise ressenti au sein de la profession au risque du constat dépressif et fataliste. Le but n’est cependant pas d’aboutir à une conclusion dommageable du “tout est foutu” (bien que ceux et celles ayant déjà tiré cette conclusion sont en nombre croissant). Dans les interstices des murs au sein desquels nous travaillons, des espaces de libertés ou tout du moins de résistances permettent également de penser de futures solutions de sortie de crise. Ce sont ces interstices que je vous propose d’explorer dans cette seconde partie de billet fleuve (promis après j’arrête, et je reviens à une parole bloguesque plus concise en lien avec les élections prochaines).

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Lors de l’inauguration de ce blog, j’avais beaucoup parlé et promis à propos de la rubrique “Entre les murs” dédiée à mon boulot de “travailleur du social”. Chose promise, chose due, après un mois d’avril marqué par une activité bloguesque ensommeillée, ce petit billet constituera le préliminaire à l’analyse du travail social aujourd’hui. Cette entrée en matière est issue de ma contribution le 9 mai prochain à la journée d’étude préliminaire au probable lancement d’un mouvement des professionnels du social (l’ASC) à l’échelon belge francophone au cours de laquelle j’interviendrai aux côtés de Sophie Goldman (Maître assistante à l’EOS-Ilya Prigogine) -sous réserve de confirmation- sur les thématiques croisées de l’état social actif et de l’identité écartelée des travailleurs sociaux. La constitution du mouvement “Acteurs Sociaux pour le Changement” est loin d’être une gageure pour une profession communiquant peu et soumise aux perceptions galvaudées de larges franges de l’opinion. Bien entendu, si le présent billet est inspiré de la contribution précitée, ses extensions n’engagent que mon opinion et non l’ASC en devenir dont les orientations seront déterminées par les débats du 09/05 prochain.

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Ah Dieu! que la guerre académique est jolie!

François Bertrand le 8 février 2009

Quelles sont les principaux moteurs de la motivation chez les étudiants du supérieur? La passion pour la discipline académique poursuivie? La soif et la nécessité de décrocher un titre scolaire en vue de trouver un emploi? Le sens commun nous pousse à répondre: un peu des deux. C’est sans compter sur des tendances cachées que de récentes études en psychosociologie semblent mettre, aujourd’hui, au jour…les résultats sont pour le moins interpellants, pour ne pas dire consternants. Les résultat d’une enquête publiée le mois dernier dans le Journal of Social Psychology font état de nouvelles postures estudiantines: La réussite fondée sur le dépassement des pairs dans un registre de compétition de tous contre tous apparaîtrait comme une motivation banalisée et à laquelle les étudiants se plairaient à adhérer. A l’heure où l’APED s’inquiète du back ground culturel des élèves au sortir du secondaire avec une question: “seront-il citoyens critiques?” L’on peut se demander si ceux-ci se muent, dans leur cursus supérieur, en “compétiteurs cyniques?” et de quelle atmosphère de guerre aux titres scolaires parle t’on?

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Facebook: Et vous, vous en êtes?

François Bertrand le 11 janvier 2009

Avant de confier mes premiers pas dans Facebook et les observations en découlant, encore faut-il clarifier le sujet. Tout le monde en parle, oui mais de quoi parle t’on? Pour rappel, Facebook se définit et se décrit comme un réseau social virtuel combinant plusieurs applications relativement prisées sur la Toile: retrouver des amis d’enfance (à l’image de Trombi.com), gérer des contacts professionnels (en complément aux dispositifs intranet dans certaines entreprises), se constituer une “vitrine personnelle” à mi-chemin entre MSN (pour l’échange) et le Weblog (plus intimiste).

Un des principes affiché, est de mettre en relation des gens qui dans la vie ordinaire ne le serait pas forcément dans la vraie vie. Cela se produit par la mise en commun des relations, de ce qui est au centre du réacteur de toutes les discussions de ses utilisateur: les “amis”. Ainsi, en principe, si “A” a 30 amis dont 12 en commun avec “B” qui lui-même a 50 amis, un vaste réseau social virtuel verrait dès lors le jour par delà les clivages sociaux. Voici pour le principe et les effets d’annonce… Mais en quoi Facebook est-il susceptible d’interroger eux qui se penchent sur la question sociale ? Le phénomène est de fait le reflet d’une aspiration et d’une utilisation sociale précise. Il s’agit d’un outil de communication supplémentaire à l’heure où on constate une modification du lien social.

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Toitures végétalisées, une idée à faire pousser!

François Bertrand le 28 décembre 2008

Alors que dans Liège et sa périphérie, les toitures plates représentent des centaines d’hectare recouverts d’une vague isolation et de gravillons ou roofing, certaines villes canadiennes optent pour une végétalisation concertée de ces plateaux urbains en friche. En lieu et place des actuels déserts goudronnés issus d’un certaine architecture d’après guerre, il serait en effet possible d’y faire pousser des champs, potagers et jardins suspendus. Au delà des gains et avantages écologiques et sanitaires (maîtrise des eaux de pluie, climatisation naturelle, isolation), la reconquête de l’espace par les toitures végétales est un outil d’amélioration de la qualité de vie en ville non négligeable.

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Faut-il brûler la valeur travail?

François Bertrand le 12 décembre 2008

Depuis les années 80, une frange majoritaire dans le paysage politique de notre pays a fait de la valeur travail le fondement de sa réflexion politique. Chacun -En ce compris la gauche- fait d’ailleurs comme si le travail, le mérite et la compétence étaient des notions établies dont l’utilisation allaient de soi. Encore faut-il savoir ce que l’on entend par « valeur travail ». S’agit-il des efforts que chaque citoyen fait sur lui-même pour contribuer à la vie collective et agir de façon de façon éclairée dans la vie de la cité? S’agit-il du labeur méritant, de la réussite tant vantée par la vulgate sarkozienne? S’agit-il enfin d’une chimère avec laquelle il convient de découdre au plus vite comme y appelle le désormais visible « Comité Invisible » plus connu pour le coup (de projecteur) de Tarnac que sur ses thèses de renversement du lien salarial?

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Nos enfants nous accuseront…

François Bertrand le 16 novembre 2008

L’alimentation quotidienne en question chez nous, voilà l’objet du film documentaire de Jean-Paul Jaud en sortie dans les salles françaises cette semaine. Les désastres sur la santé de la chimie dans notre assiette, l’énergie d’un Maire d’une petite commune des Cévennes pour sa cantine scolaire, l’accès à une alimentation bio et ses limites…toute une question: la [...]

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Les initiatives se multiplient pour offrir à chacun la possibilité de compenser ses émissions de CO2. L’avantage avec cet attrait pour les nouveaux éco-bonis, c’est que l’on peut les décliner à toutes les sauces… Qu’il s’agisse de lift aérien à l’occasion de voyages lointains (du low-cost aux écovacances tropicales), d’alimentation importée des quatre coins du planisphère (l’eau minérale japonaise est dit-on plus cristalline que celle de nos nombreuses sources ardennaises), de défendre une conduite énergivore et dangereuse (”conduite sportive” dirons les puristes, excusez du peu!) en 4×4 rutilants (en milieu urbain, la vie étant une jungle, mieux vaut dès lors être équipé pour un safari, ceci est bien connu…), de consommer du mazout ou de l’électricité (dixit le PDG de la très progressiste firme Total), de réalisation de son mariage éco-friendly (et la liste de mariage est encore longue), le nouveau marché des indulgences bat son plein; mieux, il se démocratise!

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Liège: Une autre mobilité est possible!

François Bertrand le 6 octobre 2008

Diminuer la circulation automobile et ses nuisances dans notre ville qui s’engorge et toussote fait indiscutablement partie des impératifs du développement durable en pratique. Mais comment faire pour que le dossier « Mobilité durable » se hisse non seulement au sommet de la pile des décideurs, mais encore dans une perspective systémique et structurante? La route sera longue et sans doute sommes nous en pays de Liège à la croisée des chemins.

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